
Crédits photos : Huma Rosentalski
En compagnie de Karine Pédurand
L’Artchipel donne à voir pendant cette quinzaine, deux spectacles interprétés par Karine Pedurand. Jeune comédienne originaire de Guadeloupe, joue notamment sous la direction de Mani Soleymanlou, Nelson-Rafaell Madel, Margherita Bertoli, José Pliya, Jean-Michel Martial, Julia Vidit, Lazar Herson Macarel et Catherine Vrignaud Cohen. Par ailleurs, elle est titulaire d’une licence d’études thétrales à la Sorbonne Nouvelle. Avec la comédienne et metteure en scène Margherita Bertoli, elle a fondé la Compagnie KAMMA. En paralléle, la comédienne expérimente d’autres supports, en collaboration avec des artistes caribéennes, originaires de Guadeloupe. Anaïs Verspan, Audrey « Döry Sélésprika » Céleste, et Karine Pedurand sont le collectif L.P.F.
« Nous venons tous de quelque part » : une évidence, en apparence. Mais d’où, exactement ? C’est cette question, portée par la metteuse en scène Catherine Vrignaud Cohen depuis son enfance entre une mère juive égyptienne réduite au silence par l’exil et un père catholique français, qui a donné naissance à « Ce qu’il faut dire ».
À partir du recueil de Léonora Miano — trois textes coup-de-poing, écrits pour être dits, publiés dans la collection « Les écrits pour la parole » de L’Arche —, le spectacle interroge sans détour la relation entre l’Occident et l’Afrique, la fabrique de la couleur de peau et notre rapport à l’altérité.
Sur un plateau nu, où tout est apparent, la comédienne guadeloupéenne Karine Pédurand et la musicienne estonienne Triinu — elle-même en recherche identitaire, sujet de sa résidence à la Villa Médicis — tissent à vue une partition commune où texte et musique se répondent, s’affrontent, se réconcilient.
Trois tableaux composent la traversée : « La question blanche » interroge un système qui a bâti sa domination sur la classification des couleurs de peau ; « Le fond des choses » remonte aux vagues d’immigration européenne qui ont conquis d’autres continents ; « La fin des fins » ouvre enfin une troisième voie, celle de la fraternité — portée par la voix de « Maka », incarnation du mouvement woke, à laquelle Karine et Triinu répondent ensemble, réunies au centre du plateau.
Entre les tableaux, Karine Pédurand chante un chant révolutionnaire guadeloupéen évoquant les années d’esclavage, puis un chant contemporain engagé.
Production : Compagnie Empreinte(s) Résidence d’implantation à Saint-Quentin
Coproduction : Ville de Saint-Quentin, Département de l’Aisne, Région Hauts-de-France, Spedidam
Avec le soutien de : DRAC Hauts-de-France, Conseil départemental de l’Aisne, Comédie de Picardie (Amiens) — compagnie associée
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🎭 L'Artchipel